La réalité sur la consommation de viande

Article inspiré de la conférence Agri'débat « Réalités des consommations de viande » organisée lors du SIA 2019 et animée par Pascale Hébel, directrice pôle consommation au Crédoc et membre de l'Académie d'Agriculture de France.

 

« On n'a jamais eu aussi peur de ce que l'on mange, on n'a jamais été aussi préoccupé par la dégradation de l'environnement et on n'a jamais été aussi inquiet par rapport à son alimentation. » - Pascale Hébel

La consommation de viande en France a connu une forte baisse depuis les années 80, due à de nombreux de facteurs qui ne cessent de se multiplier. Quels sont ces facteurs qui impactent la consommation de viande ?

 

Facteur n°1 : les différentes générations et leur mode de vie divergent

Chaque génération vit des événements différents qui peuvent impacter leur mode de consommation. Par exemple, la génération « Internet » (nés entre 1977 et 1986) va bouleverser l'accès aux aliments et à l'information via l'apparition des drives, des circuits e-commerce (viande sous-vide), etc.

Nous avons également pu constater un changement profond à partir de la génération « Hypermarché » (nés entre 1947 et 1956). En effet, cette génération a eu accès à une activité salariale. La génération  « Aliments-services » (nés entre 1957 et 1966) est alors apparue, les personnes cuisinant de moins en moins, les produits transformés étaient de plus en plus demandés (et donc moins de viande brute consommée).

De plus, les normes sociales divergent en fonction des générations. Par exemple, la dernière génération intitulée « Mieux manger » (nés entre 1997 et 2006) se préoccupe principalement des risques pour l'écologie et leur santé.

A contrario, cette génération est celle qui consomme le plus de produits carnés sous forme d'ingrédients transformés, Junk Food, steak haché ou jambon blanc. 

 

Facteur n°2 : les risques pour l'écologie, l'environnement

Les français sont plus en plus préoccupés par la dégradation de l'environnement et cela se ressent sur la consommation de viande. D'après une enquête de consommation alimentaire réalisée par le Crédoc, la dégradation de l'environnement est la première préoccupation des français, suivie de la crise économique (chômage, pauvreté, etc).

Crédoc, Enquête « Conditions de vie et aspirations des français »

 

Facteur n°3 : les risques alimentaires sur la santé

En France, la préservation de notre santé est une priorité pour nous.

Depuis la crise de la vache folle en 1996, de nombreux événements ont été relatés par les médias; des crises alimentaires qui ne cessent d'augmenter depuis 2011 et qui influencent la consommation de viande en France. En effet, les individus ont pris conscience du réel lien entre l'alimentation et leur santé. Aujourd'hui, 74% des français pensent qu'il y a un risque important (voir très important) lorsqu'ils mangent en général.

A cela s'ajoute des réalités scientifiques sur les facteurs de risque des cancers dans l'alimentation. D'après le rapport INCA 2015, les viandes rouges et charcuterie font notamment parties des 5 facteurs qui augmentent le risque de cancer. Ces découvertes scientifiques ont évidemment influencé l'alimentation des français. Les peurs sont de plus en plus fortes vis-à-vis de la consommation des produits industriels (notamment sur l’utilisation des conservateurs, additifs, colorants, etc) et des viandes (sur l’utilisation des antibiotiques, sur les conditions d'élevage, etc).

 

Les enjeux de demain

Pour répondre aux enjeux de demain, les acteurs de l'agroalimentaire veillent à leur présence sur le digital pour pouvoir être connectés avec leurs consommateurs et interagir avec eux.

Le consommateur portera de plus en plus une attention particulière à la DLC (Date Limite de Consommation) et à la composition des produits (développement des applications de nutrition comme YUKA). Il veut être rassuré sur la composition des produits qu'il consomme et va privilégier les produits locaux, aller vers des circuits courts (vente directe, salons, etc). Il va rechercher des produits à la fois nutritionnels, éthiques, durables/écologiques et qui respectent le bien-être animal.

 

8 comportements alimentaires qui se renforcent à l’horizon 2025

Source : « Comportements alimentaires en 2025 - Tendances et impacts » Janvier 2017 - CREDOC

Les changez rien : refusent le changement qui demande des contraintes d'effort

Les utilitaristes : les DIY (Do It Yourself), ils recherchent une solution à faire soi-même car c'est moins cher

Les écossentiels : ont des gestes économiques, le prix est leur seul critère d'achat (ne portent pas d'attention sur la qualité des produits)

Les émoteurs : achètent avec une vision collaborative, partagent des valeurs

Les connectés : se préoccupent de l'avenir, de la biodiversité, de la planète

Les exemplaires : achètent et consomment uniquement que des bons produits et montrent l'exemple aux autres

Les enquêtes de sens : ce sont des consom'acteurs, ils vont rechercher l'information sur le produit avant de l'acheter et portent une attention particulière sur la qualité du produit et les valeurs humanistes

Les locaux-motivés : ils vont privilégier la proximité avec les producteurs, l'économie circulaire, les produits locaux.

Comportements alimentaires d'ici 2025

En savoir plus

 

L'avis de l'agence

« Les comportements changent, les prises de conscience évoluent, seuls les produits de qualité auront gain de cause. »

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